Le Tour de France 2026 reprend ce mardi 14 juillet avec la 10e étape entre Aurillac et Le Lioran, 166,6 km et environ 3 800 m de dénivelé positif, entièrement dans le Cantal. Au lendemain du premier jour de repos, le départ fictif a été avancé de dix minutes, à 13h00, pour ne pas chevaucher les cérémonies du dixième anniversaire de l'attentat de Nice. Le symbole du jour est ailleurs : aucun coureur français n'a plus gagné une étape du Tour un 14 juillet depuis Warren Barguil, à Foix, en 2017. Neuf ans plus tard, Paul Seixas (6e du général) et Lenny Martinez (8e) portent les espoirs tricolores sur un parcours taillé pour les offensifs. Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG) repart en jaune, avec 2'42'' d'avance sur Jonas Vingegaard — et une revanche à prendre au Lioran, où le Danois l'avait battu d'un lancer de vélo en 2024.

Ce qu'il faut retenir avant l'étape 10

  • Étape 10 : Aurillac → Le Lioran, 166,6 km, environ 3 800 m de dénivelé positif, sept difficultés répertoriées dont le Puy Mary (Pas de Peyrol) et le col du Pertus.
  • Horaires : départ fictif avancé de 10 minutes, à 13h00 (caravane à 10h35), arrivée estimée entre 17h15 et 17h25 au Lioran.
  • L'enjeu du jour : mettre fin à neuf ans sans victoire française un 14 juillet — la dernière remonte à Warren Barguil à Foix, en 2017.
  • Les cartes tricolores : Paul Seixas (6e du général à 3'55''), Lenny Martinez (8e à 4'21'', en chasse du maillot à pois), Alex Baudin, Jordan Jegat.
  • Le général : inchangé après le repos — Pogacar en jaune, 2'42'' sur Vingegaard, 3'27'' sur Del Toro.
  • Jour de repos : la plupart des équipes ont annulé leurs conférences de presse lundi à Aurillac, entre fatigue accumulée et crainte des virus.

Un jour de repos en sourdine à Aurillac

Le Tour a coupé le son lundi. Posée au cœur du Cantal, la caravane de la Grande Boucle s'est calfeutrée dans les hôtels d'Aurillac et de ses environs, et fait rare dans l'histoire récente de l'épreuve, la majorité des équipes a annulé les traditionnelles conférences de presse du jour de repos. En cause : neuf jours d'une intensité rare depuis Barcelone, marqués par la canicule, la haute montagne et une étape raccourcie de 30 km, mais aussi la crainte des virus qui circulent dans le peloton. Jonas Vingegaard ou Paul Seixas ont été aperçus masqués, et certains coureurs, comme Romain Grégoire ou le prodige de Decathlon CMA CGM, ont même envisagé de laisser le vélo au garage toute la journée plutôt que d'effectuer la traditionnelle sortie de déblocage.

La journée de repos arrive au bon moment. Elle permettra aussi au staff de récupérer, car lui aussi est mis à rude épreuve par cette chaleur. Nous allons récupérer tranquillement. — Julien Jurdie, directeur sportif de Decathlon CMA CGM, à l'arrivée d'Ussel

Car derrière les coureurs, ce sont aussi les mécaniciens, kinés, assistants et cuisiniers qui sortent essorés de cette première semaine sous des températures extrêmes. La suite du programme offre au moins une lecture psychologique plus digeste : deux blocs de six jours de course, entrecoupés par le second jour de repos, mèneront le peloton jusqu'à Paris. Encore faut-il passer l'obstacle du jour, l'un des plus piégeux de cette 113e édition.

14 juillet : neuf ans que le cyclisme français attend

Le 14 juillet 2017, Warren Barguil s'imposait à Foix, au sommet d'une étape pyrénéenne mémorable, en réglant un groupe de cadors. Depuis, plus rien : neuf éditions se sont écoulées sans qu'un coureur tricolore ne lève les bras le jour de la Fête nationale. Avant le Breton, il fallait déjà remonter à David Moncoutié en 2005, Richard Virenque en 2004, Laurent Jalabert à Colmar en 2001 — après son coup d'éclat resté célèbre à Mende en 1995 — ou encore Laurent Brochard en 1997. Les succès français un 14 juillet restent, dans toute l'histoire du Tour, un exploit rare : les différents décomptes publiés par les médias en recensent moins d'une vingtaine.

La bonne nouvelle pour les Bleus, c'est que le profil de ce 14 juillet 2026 change des éditions récentes : ni sprint annoncé, ni étape de transition, mais une journée de moyenne montagne nerveuse, idéale pour une échappée au long cours. Exactement le type de scénario qui a historiquement souri aux baroudeurs tricolores.

Seixas, Martinez, Baudin : les cartes françaises au Lioran

Le premier atout s'appelle Paul Seixas. À 19 ans — plus jeune partant du Tour depuis 1937 —, le grimpeur de Decathlon CMA CGM occupe une éblouissante 6e place du classement général, à 3'55'' du maillot jaune. Cyclism'Actu en fait l'un des principaux favoris du jour, au même rang que Vingegaard et Del Toro. Le final explosif du Lioran n'est pas exactement son terrain de prédilection, mais la dynamique est là : « Tous les voyants sont au vert », assurait son directeur sportif Julien Jurdie avant le repos.

Lenny Martinez (Bahrain Victorious), 8e du général à 4'21'', a un double objectif : l'étape et le maillot à pois. Avec deux cols de 1re catégorie (Puy Mary et Pertus) et cinq autres difficultés au programme, la journée est le plus gros gisement de points de la montagne depuis le départ de Barcelone — de quoi bousculer un classement dont Tadej Pogacar est l'improbable leader. Alex Baudin (EF Education-EasyPost), 4e à Ussel dimanche et dont la prolongation de contrat a été officialisée pendant le jour de repos, a montré qu'il avait les jambes pour intégrer la bonne échappée. Citons encore Jordan Jegat (TotalEnergies), 17e du général, ou Kévin Vauquelin (Netcompany INEOS), tandis que Romain Grégoire, marqué par la première semaine, prévenait lundi qu'il ne fallait « pas s'attendre à un miracle » de sa part.

Le parcours : sept difficultés et un col du Pertus juge de paix

Après une soixantaine de kilomètres de faux plats au départ d'Aurillac, la route s'élève quasiment sans répit : côte de Pailherols, col de la Griffoul — inédit sur le Tour —, Prat de Bouc, côte de Murat, puis l'enchaînement décisif : le Puy Mary par le Pas de Peyrol (7,8 km à 6 %, 1re catégorie), le col du Pertus (4,4 km à 8,5 %, 1re catégorie), dont le sommet se situe à 14,5 km de l'arrivée, et la côte de la Font de Cère (3,1 km à 5,8 %), basculant à 2,7 km de la ligne. Un final en toboggan où tout écart se paie cash.

Le Lioran accueille l'arrivée du Tour pour la quatrième fois de son histoire, après Michel Pollentier en 1975, le coup double de Greg Van Avermaet en 2016 et, surtout, le duel de 2024 : Jonas Vingegaard y avait dominé Tadej Pogacar, alors en jaune, au terme d'un sprint conclu au lancer de vélo. Une réplique de ce mano a mano ferait un feu d'artifice avant l'heure.

La 10e étape 100 % Cantal, entre Aurillac et Le Lioran, présentée par ici Pays d'Auvergne (Dailymotion).

Pogacar face à sa revanche de 2024

Le maillot jaune aborde ce rendez-vous avec un souvenir contrarié et un statut d'épouvantail. Tadej Pogacar, vainqueur au Tourmalet la semaine passée, a lui-même prévenu que cette 10e étape serait « une journée très difficile ». On sait le Slovène friand de revanches sur les terrains où il a été battu — et Le Lioran en fait partie. Mais chez UAE Team Emirates-XRG, le manager Mauro Gianetti a aussi laissé entendre que l'équipe voulait « faire des journées tranquilles » : laisser filer une échappée consistante pour économiser les organismes avant les Alpes reste le scénario le plus probable, à condition que Visma, Red Bull-BORA ou les équipes en quête d'étape ne dynamitent pas la course dès le départ.

Classement général après la 9e étape

#CoureurÉquipeÉcart
1Tadej Pogacar 🟡UAE Team Emirates-XRG32h17'04''
2Jonas VingegaardVisma | Lease a Bike+ 2'42''
3Isaac Del ToroUAE Team Emirates-XRG+ 3'27''
4Remco EvenepoelRed Bull-BORA-hansgrohe+ 3'30''
5Juan AyusoLidl-Trek+ 3'34''
6Paul Seixas 🇫🇷Decathlon CMA CGM+ 3'55''
7Florian LipowitzRed Bull-BORA-hansgrohe+ 4'00''
8Lenny Martinez 🇫🇷Bahrain Victorious+ 4'21''
9Mattias SkjelmoseLidl-Trek+ 4'57''
10Egan BernalNetcompany INEOS+ 9'12''

Horaires, diffusion et un départ avancé pour une raison particulière

La caravane publicitaire s'élancera d'Aurillac à 10h35, les coureurs à 13h00 pour le départ fictif, avec une arrivée au Lioran estimée entre 17h15 et 17h25 selon la vitesse de course. L'organisation a avancé l'horaire de dix minutes afin d'éviter tout chevauchement entre la retransmission de l'étape et les cérémonies nationales organisées à Nice en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet 2016, dont le dixième anniversaire est commémoré ce mardi en présence du président de la République. L'étape est à suivre en intégralité et gratuitement sur France 2 et france.tv, ainsi que sur Eurosport, et toutes les infos officielles sont sur letour.fr. Si vous comptez rejoindre le bord de la route dans le Cantal, notre guide pratique du spectateur et notre dossier canicule (hydratation, horaires, signes d'alerte) restent d'actualité par ces températures.

FAQ – Étape 10 du Tour de France 2026, le 14 juillet

À quelle heure part et arrive l'étape 10 du Tour de France 2026 ?

Le départ fictif sera donné à Aurillac à 13h00 ce mardi 14 juillet (horaire avancé de 10 minutes), après le passage de la caravane publicitaire dès 10h35. L'arrivée au Lioran est estimée entre 17h15 et 17h25.

Pourquoi le départ de l'étape a-t-il été avancé de dix minutes ?

Pour éviter tout chevauchement entre la retransmission télévisée de l'étape et les cérémonies nationales organisées à Nice en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet 2016, dont le dixième anniversaire est commémoré cette année.

Quel est le dernier vainqueur français d'une étape du Tour un 14 juillet ?

Warren Barguil, le 14 juillet 2017 à Foix. Depuis, aucun coureur français ne s'est imposé le jour de la Fête nationale sur le Tour de France.

Quels Français peuvent gagner au Lioran ce 14 juillet ?

Paul Seixas (6e du général) est cité parmi les favoris du jour, Lenny Martinez vise l'étape et le maillot à pois, et des baroudeurs comme Alex Baudin, Jordan Jegat ou Kévin Vauquelin peuvent tenter l'échappée.

Où regarder la 10e étape du Tour de France 2026 ?

En direct, en intégralité et gratuitement sur France 2 et france.tv, ainsi que sur Eurosport pour les abonnés. La retransmission débute en début d'après-midi.

Le décor est planté : un peloton reposé mais méfiant, sept cols cantaliens, un maillot jaune revanchard et tout un pays qui attend un successeur à Warren Barguil. Réponse vers 17h20 au pied du Plomb du Cantal. Retrouvez le récit complet de la première semaine et la présentation détaillée des difficultés du jour dans notre article bilan publié hier — et dès demain matin, le recap complet de cette 10e étape.