Matthew Brennan a remporté la 17e étape de la Vuelta 2026, mercredi 9 septembre à Séville, au sprint devant Jordi Meeus et Magnus Cort, vingt-quatre heures après avoir déjà gagné la 16e étape à La Rábida, mardi 8 septembre, devant Bryan Coquard et Vito Braet. À 21 ans, le Britannique de Visma-Lease a Bike compte désormais cinq victoires sur ce Tour d'Espagne, son premier grand tour, et son équipe sept, un record pour la formation néerlandaise sur une course de trois semaines. Les deux fois, c'est Wout van Aert, maillot vert, qui l'a déposé dans la dernière ligne droite. Le classement général n'a pas bougé d'une seconde en deux jours : Enric Mas (Movistar) aborde ce jeudi 10 septembre le contre-la-montre de 32,1 kilomètres entre El Puerto de Santa María et Jerez de la Frontera avec 2'06'' d'avance sur Felix Gall et 2'10'' sur Primož Roglič, qui s'élancera six minutes avant lui. Un seul abandon depuis le repos, celui de Timo Roosen mardi : ils sont 149 en course. Voici le récit des deux sprints, les horaires et les enjeux du chrono de Jerez, et, pour vous, tout ce qu'il faut savoir pour préparer un contre-la-montre amateur.

  • Étape 16 (mardi 8 septembre), Cortegana → La Rábida, 181,1 km : Matthew Brennan (Visma-Lease a Bike) en 3h56'33'' devant Bryan Coquard (Cofidis), Vito Braet (Lotto Intermarché), Jordi Meeus et Magnus Cort. Wout van Aert 6e, Hugo Hofstetter 7e. 149 classés, abandon de Timo Roosen (Picnic PostNL).
  • Étape 17 (mercredi 9 septembre), Dos Hermanas → Séville, 184 km : Brennan encore, en 4h07'15'', devant Jordi Meeus (Red Bull-Bora-Hansgrohe) et Magnus Cort (Uno-X). Alessandro Romele 4e, Axel Laurance 6e, Coquard 10e. Enzo Paleni repris à 3 km après 15 km seul.
  • Les chiffres : cinquième victoire de Brennan sur son premier grand tour, septième pour Visma-Lease a Bike, record de l'équipe sur une course de trois semaines. Le dernier néo-professionnel à avoir gagné quatre étapes sur son premier grand tour était Fernando Gaviria en 2017 ; Brennan en a cinq.
  • Le général (inchangé) : Mas 60h09'44'', Gall +2'06'', Roglič +2'10'', Carapaz +4'24'', Onley +5'44'', Omrzel +6'14'', Skjelmose +6'49'', Rodríguez +7'01'', Berthet +7'19'', Kuss +8'55''.
  • Jeudi 10 septembre, étape 18 : contre-la-montre individuel El Puerto de Santa María → Jerez de la Frontera, 32,1 km, 169 m de dénivelé, premier départ 14h06, Mas dernier à partir à 16h55, arrivée prévue vers 17h30. Deux points intermédiaires (km 11,7 et km 22,1). Mas n'a jamais battu Roglič en 22 confrontations chronométrées.
  • En bref : Giulio Pellizzari gagne le Giro della Toscana ; Jaume Guardeño opéré au cerveau cinq mois après son accident ; Zwift lance le Ride V2 ; les Mondiaux de Montréal se préparent sans Pogačar.
  • Côté pratique : comment préparer un contre-la-montre amateur de 20 à 40 km, du matériel à la gestion de l'effort ; et ce que le duo Brennan-Van Aert apprend sur le sprint à deux en course de club.
Le Résumé Long - Étape 17 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Étape 16, La Rábida : Brennan quatrième fois, sur une route balayée par la chaleur et les bordures manquées

La reprise après le jour de repos s'est faite sous 32 °C au départ de Cortegana, puis 36 °C sur les longues lignes droites de la province de Huelva, sans un arbre pour faire de l'ombre, rapporte Cyclingnews. Cinq hommes sont sortis dans les vingt premiers kilomètres : Valentin Madouas (Groupama-FDJ United), Jasha Sütterlin (Jayco AlUla), Kevin Vermaerke (UAE Team Emirates-XRG), Simon Dalby (Uno-X Mobility) et Roland Thalmann (Tudor), tous en quête d'un premier succès de la saison. Visma-Lease a Bike a pris la tête du peloton dès le premier kilomètre, avec Movistar dans les roues, et n'a jamais laissé plus de 2'45'' d'avance. À une centaine de kilomètres de l'arrivée, Timo Roosen (Picnic PostNL), encore marqué par sa chute de la deuxième semaine, a mis pied à terre : c'est le seul abandon de la journée, et le peloton est passé à 149 coureurs.

L'échappée s'est partagé les points du sprint intermédiaire de Villarasa, puis l'écart a fondu sous la minute à 68 km de l'arrivée, Cofidis ayant rejoint Visma pour rouler. Le final était plus nerveux qu'il n'y paraît. Dans les rues étroites de Palos de la Frontera, à 26 km du but, une chute a impliqué Ivo Oliveira (UAE) et Tobias Halland Johannessen (Uno-X), et Magnus Cort, retardé par l'incident, a dû chasser avec son coéquipier pour recoller au premier groupe. La jonction sur les cinq échappés s'est faite à 25 km de l'arrivée, et Red Bull-Bora-Hansgrohe a alors pris le relais en tête quelques kilomètres, dans une portion exposée au vent de l'Atlantique. Van Aert l'a confirmé le soir : « Il y avait des portions ouvertes où l'on pouvait s'attendre à ce que les équipes du classement général tentent une attaque, comme on l'a vu avec Red Bull-Bora-Hansgrohe à la fin », a-t-il expliqué sur le site officiel. Le vent de travers, sensible après Mazagón et le demi-tour sur la côte pour les onze derniers kilomètres, n'a finalement pas cassé le peloton, et Finlay Pickering (Jayco), victime d'un changement de vélo à 13 km, a même pu rentrer.

Le sprint s'est joué sur une large ligne droite après un dernier virage à gauche à 600 mètres. Visma a mené jusqu'au dernier kilomètre, Uno-X est venu se placer sur la droite avec Cort, et Van Aert a lancé tôt, très tôt, avec Brennan collé à sa roue. « J'ai cherché des ouvertures pour pouvoir lancer mon sprint au moment opportun. C'était encore tôt, mais je pense que Matthew a pu attaquer au moment idéal », a résumé le Belge. Brennan a déboîté et n'a jamais été inquiété : Coquard 2e, Braet 3e, Meeus 4e, Cort 5e, Van Aert 6e, tous dans le même temps de 3h56'33'' selon le classement officiel. « Quatre victoires ici, alors que l'objectif initial était d'en décrocher une ! », a lâché le Britannique, avant d'évoquer le Grand Départ du Tour de France 2027 au Royaume-Uni : « Nous pouvons vraiment essayer de reproduire ce que nous faisons ici pour décrocher le Maillot Jaune dès le premier jour », dit-il dans sa réaction. Enric Mas, lui, a terminé au chaud dans le peloton, 35e, et a reconnu « les jambes un peu lourdes parce qu'on a vraiment levé le pied » lors du repos, d'après ses propos. Le classement général n'a pas changé. Thibau Nys et Paul Double ont fini à 31'36'', derniers de l'étape.

Last Km - Stage 16 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Étape 17, Séville : la revanche de 2024, Paleni repris à trois kilomètres et le record de Visma

L'étape la plus plate de cette Vuelta, 184 km officiels entre Dos Hermanas et Séville pour 838 mètres de dénivelé, n'avait qu'un scénario possible, et le peloton l'a accepté très vite. Trois hommes sont sortis dès le départ : Enzo Paleni (Groupama-FDJ United), Sinuhé Fernández (Burgos-Burpellet-BH) et Fredrik Dversnes (Uno-X). Le Norvégien s'est relevé au bout de quelques kilomètres sur ordre de sa voiture, Uno-X préférant miser sur Cort au sprint, raconte PezCycling News. Restés à deux, Paleni et Fernández, déjà compagnons d'échappée sur la 10e étape, ont vu leur avance grimper jusqu'à 4'45'' pendant que le peloton, mené par Steven Kruijswijk, faisait la sieste. « Je crois qu'ils se sont arrêtés de rouler un peu en milieu de course. Ça nous a permis de reprendre deux minutes gratuitement », a raconté Paleni sur le site de la course.

La course s'est réveillée à 100 km de l'arrivée quand Cofidis, Red Bull et EF sont venus prêter main-forte à Visma. L'écart est tombé à 1'30'' à 50 km, puis les deux fuyards ont encore réglé le sprint intermédiaire à 20 km du but, derrière lequel Coquard (15 points) a devancé Van Aert (13) dans le peloton. Paleni a lâché Fernández à 15 km et poursuivi seul, Bruno Armirail ayant pris le relais de Kruijswijk pour mener la chasse. « J'ai fait les quinze derniers kilomètres tout seul. C'était un peu long. Je me fais reprendre à trois kilomètres. Ça arrive souvent. Mais j'ai pris du plaisir. Je suis certain que ça va marcher un jour », a soufflé le Français, repris précisément à trois kilomètres de la ligne.

Le final sévillan, avec ses virages serrés, est celui où Van Aert avait été battu par Pavel Bittner en 2024. « Ce matin, nous avons discuté du sprint de Séville sur La Vuelta 24 et de ce qui n'avait pas fonctionné pour Wout. Nous ne voulions pas que cela se reproduise », a expliqué Brennan dans sa réaction officielle. Cette fois, c'est Uno-X qui a pris les commandes après la reprise de Paleni, Rasmus Tiller lançant Cort à 300 mètres. Brennan, placé dans la roue du champion du Danemark avec Van Aert juste devant, a attendu, est sorti du sillage et a débordé Cort avec la même accélération que la veille. Meeus a pris la deuxième place, Cort la troisième, Romele la quatrième, tous en 4h07'15'' (classement officiel). « Ce n'était pas le train de sprint que nous avions prévu. J'ai dû fournir quelques efforts auparavant, et tout ce que je pouvais faire, c'était de placer Matthew dans une bonne roue », a reconnu Van Aert sur lavuelta.es. Cinq victoires pour Brennan, sept pour Visma : « C'est le plus grand nombre de succès que l'équipe ait jamais remporté sur un Grand Tour. Et nous n'en sommes même pas encore à la 21e étape ! », a savouré le sprinteur. Cofidis repart bredouille d'un sprint qu'il avait ciblé, Coquard 10e.

Last Km - Stage 17 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)
RangÉtape 16, La Rábida (8 septembre)Étape 17, Séville (9 septembre)
1Matthew Brennan (Visma-Lease a Bike), 3h56'33''Matthew Brennan (Visma-Lease a Bike), 4h07'15''
2Bryan Coquard (Cofidis), m.t.Jordi Meeus (Red Bull-Bora-Hansgrohe), m.t.
3Vito Braet (Lotto Intermarché), m.t.Magnus Cort (Uno-X Mobility), m.t.
4Jordi Meeus (Red Bull-Bora-Hansgrohe), m.t.Alessandro Romele (XDS Astana), m.t.
5Magnus Cort (Uno-X Mobility), m.t.Stan De Schuyteneer (Lotto Intermarché), m.t.
6Wout van Aert (Visma-Lease a Bike), m.t.Axel Laurance (Netcompany Ineos), m.t.
7Hugo Hofstetter (NSN), m.t.Pau Miquel (Bahrain Victorious), m.t.
8Vincenzo Albanese (EF Education-EasyPost), m.t.Carlos Macías (Burgos-Burpellet-BH), m.t.
9Alberto Dainese (Soudal Quick-Step), m.t.Hugo Hofstetter (NSN), m.t.
10Carlos Macías (Burgos-Burpellet-BH), m.t.Bryan Coquard (Cofidis), m.t.

Source : classements officiels lavuelta.es. Bonifications : 10'', 6'' et 4'' aux trois premiers de chaque étape.

Le classement général avant le chrono : rien n'a bougé, tout peut bouger

Deux étapes de plaine, zéro seconde d'écart : Mas, Gall et Roglič ont fini dans le peloton les deux jours, et le classement général est strictement celui de la Sierra de la Pandera. Mas totalise 60h09'44'' après 17 étapes (52h05'56'' à Cordoue, plus 3h56'33'' et 4h07'15''). Ce qui a changé, ce sont les mots. « Je me sens bien ; je pense que nous avons fait un travail parfait hier et aujourd'hui. Il faut penser à demain, au surlendemain, et ainsi de suite. Je suis confiant », a dit Mas mercredi soir sur lavuelta.es, avant de décrire le chrono : « Il est assez plat, il n'y a pas beaucoup de virages. Il faut se concentrer sur la puissance et la position, c'est tout. » En conférence de presse, cité par Cyclingnews, il a ajouté qu'il devrait « sortir la meilleure version d'Enric » et qu'il ne regarderait pas les temps de ses rivaux : « Je ne peux pas contrôler ce que font les autres. Je dois juste perdre le moins de temps possible. »

RangCoureurÉquipeTemps / écart
1Enric MasMovistar60h09'44''
2Felix GallDecathlon CMA CGM+2'06''
3Primož RogličRed Bull-Bora-Hansgrohe+2'10''
4Richard CarapazEF Education-EasyPost+4'24''
5Oscar OnleyNetcompany Ineos+5'44''
6Jakob OmrzelBahrain Victorious+6'14''
7Mattias SkjelmoseLidl-Trek+6'49''
8Cristián RodríguezXDS Astana+7'01''
9Clément BerthetGroupama-FDJ United+7'19''
10Sepp KussVisma-Lease a Bike+8'55''

Classement général après la 17e étape, mercredi 9 septembre 2026. Maillots : Mas (rouge), Van Aert (vert), Buitrago (pois), Onley (blanc).

Chez Red Bull, le discours est celui d'un outsider serein. « C'est une tête froide, dans le bus il est le même que ce que vous voyez dehors. Il sait ce qu'il fait », a confié Finn Fisher-Black à Cyclingnews à propos de Roglič, 36 ans, qui vise un cinquième succès record sur la Vuelta après une lourde chute à l'entraînement avant le départ. « Il a gagné cette course quatre fois, et il sait qu'il a encore une chance de la gagner, surtout avec ce chrono demain. » Oscar Onley, 5e, a lui aussi joué la carte de la lucidité : « Tout contre-la-montre creuse des écarts au classement général et, sur une distance de 32 kilomètres, je pense qu'il peut y avoir des écarts importants », a-t-il dit sur le site officiel, tout en se disant « plutôt optimiste » pour la semaine, « quasiment revenu à la normale » après sa chute de Calar Alto (réaction du 8 septembre).

Étape 18, le chrono de Jerez : parcours, horaires et ce que l'histoire dit du duel Mas-Roglič

Le contre-la-montre de ce jeudi 10 septembre relie la plaza de toros d'El Puerto de Santa María, sur la baie de Cadix, à l'avenue Alcalde Álvaro Domecq à Jerez de la Frontera : 32,1 km, 169 mètres de dénivelé positif, deux points intermédiaires aux kilomètres 11,7 et 22,1 selon le livre de route officiel. Les six premiers kilomètres sortent de la ville avec plusieurs ronds-points, puis la route A-2002 ouvre une longue section dégagée où les spécialistes pourront « ouvrir le réservoir », décrit la présentation de Cyclingnews. Deux virages à angle droit amènent ensuite sur la deuxième portion roulante, avant cinq virages dans l'entrée de Jerez. Fernando Escartín, le traceur, l'a annoncé dès décembre : « Un parcours où le vent pourrait jouer un rôle important. Une journée qui devrait marquer des différences entre les favoris. » Un effort d'environ 35 minutes pour les meilleurs.

Horaire (heure locale)Ce qui se passe
14h06Premier départ, Mathias Norsgaard (Lidl-Trek). Ethan Hayter (Soudal Quick-Step), cinquième à s'élancer vers 14h11, est le premier candidat sérieux au meilleur temps.
15h50Départ de Wout van Aert, principal favori pour la victoire d'étape hors classement général. Bruno Armirail est l'autre carte de Visma.
16h37Départ de Sepp Kuss, 10e du général : les dix premiers s'élancent ensuite dans l'ordre inverse du classement.
vers 16h49Départ de Roglič, 3e, six minutes avant Mas.
16h55Dernier départ, Enric Mas, maillot rouge.
vers 17h30Arrivée du dernier coureur, verdict sur le général.

Horaires : livre de route officiel (premier départ 14h06, dernière arrivée 17h30) et liste des heures de départ publiée par Cyclingnews. Ordre des favoris : Kuss, Berthet, Rodríguez, Skjelmose, Omrzel, Onley, Carapaz, Roglič, Gall, Mas.

L'histoire, elle, ne plaide pas pour le leader. Mas a terminé derrière Roglič lors de leurs 22 confrontations chronométrées, rappelle Cyclingnews ; en 2021, il lui avait concédé plus de deux minutes sur 33,8 km, en 2022 1'03'' sur 30,9 km. Mais deux éléments nuancent le tableau, d'après la présentation des horaires. D'abord, Roglič n'est pas au niveau de ses grandes années sur le vélo de chrono : ses quatre victoires d'étape en contre-la-montre sur la Vuelta datent toutes de plus de cinq ans, sa position sur la machine a été discutée pendant la course, et l'écart entre les deux hommes à Monaco, sur le chrono inaugural technique, n'était que de 11 secondes. Ensuite, la Vuelta 2018 offre une référence plus proche du scénario actuel : sur 32 km, Mas avait pris la 6e place et gagné du temps sur le leader Simon Yates. Pour reprendre 2'10'' sur 32 km, Roglič devrait prendre environ quatre secondes par kilomètre à un Mas en pleine forme. Rien n'est exclu, mais l'hypothèse la plus probable est un Mas qui perd entre trente secondes et une minute, et qui aborde Peñas Blancas vendredi et le Collado del Alguacil samedi avec une marge encore confortable, sur un terrain où il a été le meilleur grimpeur depuis l'abandon de Pogačar. Gall, qui a toujours dit viser le podium plutôt que le maillot, devrait glisser à la 3e place derrière Roglič ; ses 2'18'' d'avance sur Carapaz semblent suffisants pour rester sur la boîte. Pour situer les forces en présence, notre classement des meilleurs rouleurs du peloton reste utile, tout comme le rappel du programme complet de la semaine dans notre bilan de la deuxième semaine.

En bref : Pellizzari en Toscane, Guardeño opéré, Zwift Ride V2, des Mondiaux sans Pogačar

Giulio Pellizzari (Red Bull-Bora-Hansgrohe) a remporté mercredi le Giro della Toscana-Memorial Alfredo Martini, sa cinquième victoire de la saison, en s'échappant dans le dernier kilomètre d'un groupe de dix formé dans la seconde ascension du Monte Serra ; Jordan Jegat (TotalEnergies) a réglé Christian Scaroni pour la deuxième place, rapporte Cyclingnews. L'Italien, qui espère une sélection pour les Mondiaux, a raconté avoir « parlé au sélectionneur ce matin » : « Il voulait un signe, j'espère lui en avoir donné un. » Nouvelle plus grave, Jaume Guardeño (Caja Rural), 23 ans, a subi une opération au cerveau plus de cinq mois après sa collision avec une voiture à l'entraînement, le 31 mars ; l'intervention s'est bien passée et il a regagné la clinique Guttmann pour poursuivre sa neuroréhabilitation, indique son équipe. Côté matériel, Zwift a présenté son vélo d'intérieur Ride V2, au même prix que le précédent (1 199 €), avec un cadre compact pour les tailles de 1,47 m à 1,98 m, des manivelles de 160 à 175 mm fournies de série et une tige de selle plus réglable ; les abonnés Rouvy, racheté en avril, pourront synchroniser leurs sorties et gagner de l'expérience Zwift, détaille la présentation. Si vous hésitez à passer à l'intérieur cet hiver, notre guide pour débuter sur home-trainer pose les bases. Enfin, à seize jours des Mondiaux de Montréal, Cyclingnews analyse une course d'un jour totalement rebattue par l'absence de Tadej Pogačar : sans coureur capable de partir seul à 100 km de l'arrivée, les équipes belge, danoise et française devront décider qui prend la course à son compte.

Préparer un contre-la-montre amateur : matériel, reconnaissance, échauffement et gestion de l'effort sur 20 à 40 km

« Il faut se concentrer sur la puissance et la position, c'est tout. » La phrase de Mas résume ce qu'un amateur doit retenir du contre-la-montre, qu'il s'agisse d'une épreuve du calendrier fédéral, du championnat de club, d'un chrono en côte ou du prologue d'une cyclosportive par étapes. L'exercice est le plus honnête du cyclisme : personne pour vous abriter, personne à qui reprocher le résultat. C'est aussi celui où la préparation pèse le plus lourd par rapport au talent pur, parce que sur 20 à 40 km, la plupart des secondes se gagnent et se perdent avant le coup de pistolet. Voici comment s'y prendre, en partant des trois postes que les pros travaillent à Jerez : le matériel et la position, la reconnaissance, la gestion de l'allure.

Sur le matériel, l'ordre des priorités est trompeur. Le premier gain n'est pas le vélo de chrono, mais ce que vous portez : un casque profilé, une combinaison ou au moins un maillot ajusté fermé jusqu'en haut, des couvre-chaussures et pas de vêtement qui flotte. Vient ensuite la position : des prolongateurs clipsés sur un cintre de route classique, réglés pour que les avant-bras soient parallèles au sol et les épaules rentrées, apportent l'essentiel de ce que fait un vélo de contre-la-montre, à condition d'avoir roulé plusieurs séances dedans pour que le dos et le cou tiennent 40 minutes. Les roues hautes, la roue lenticulaire ou le vélo dédié arrivent après, et n'ont d'intérêt que si la position est déjà stable. Une règle simple : tout élément aérodynamique que vous ne pouvez pas tenir sans vous redresser vous fait perdre du temps. Vérifiez aussi la pression des pneus la veille (une pression légèrement inférieure à votre habitude sur un revêtement rugueux est souvent plus rapide et plus sûre), la propreté de la chaîne, et le fonctionnement du compteur, qui sera votre seul repère.

La reconnaissance est le point que les amateurs négligent le plus, et celui qu'Onley a placé en tête de sa journée : « Je ferai une reconnaissance dans la matinée ; je sais qu'il est assez plat et qu'il faudra rester longtemps en position de contre-la-montre. » Reconnaître, c'est savoir où sont les ronds-points, les virages où l'on peut rester sur les prolongateurs et ceux où il faut revenir sur les cocottes, les portions de vent de face où l'on doit protéger la position plutôt que forcer, les faux plats où l'on gagne à passer un pignon plus petit. Notez trois ou quatre repères (un pont, un village, un virage) avec le temps de passage que vous visez, et affichez-les sur le compteur ou sur un morceau de ruban adhésif collé sur la potence. Le jour J, si la reconnaissance à vélo est impossible, parcourez au moins le tracé en voiture ou étudiez-le sur une carte avec le profil.

MomentCe qu'il faut faireL'erreur classique
J-2 et J-1Sortie courte avec quelques accélérations de 2 à 3 minutes au rythme du chrono ; repas riches en glucides ; matériel vérifié et position déjà réglée.Faire une sortie longue « pour être sûr d'avoir les jambes ».
H-3Dernier repas digeste, glucides et peu de fibres ; boire régulièrement.Manger trop tard ou tester un produit nouveau.
H-1 à H-0h15Échauffement de 20 à 30 minutes sur home-trainer ou sur route : 10 minutes progressives, 3 fois 2 minutes au rythme de course avec 2 minutes de récupération, puis 5 minutes souples.Un échauffement de 5 minutes en discutant, ou au contraire de 60 minutes qui entame les réserves.
Départ et 3 premiers kilomètresPartir vite mais en dessous de l'allure cible pendant 60 à 90 secondes, puis s'installer au rythme prévu.Partir « à bloc » et exploser au tiers du parcours.
Cœur du parcoursEffort régulier, position tenue, respiration contrôlée, accélérer légèrement dans les vents favorables et les faux plats descendants.Se redresser dans chaque bosse, regarder derrière soi, changer de rythme.
Derniers 3 kilomètresAugmenter progressivement jusqu'à la ligne, tout donner dans les 500 derniers mètres.Sprinter à 2 km de la ligne puis caler.

Repères pour un chrono de 20 à 40 km, cycliste adulte entraîné. En cas de forte chaleur, allégez l'échauffement et hydratez-vous davantage.

La gestion de l'allure est l'endroit où l'on perd le plus de temps. La règle des pros, valable pour tous, tient en un mot : régularité. Un contre-la-montre bien couru est un effort où la deuxième moitié est aussi rapide, voire un peu plus, que la première ; un chrono raté est presque toujours un départ trop rapide suivi d'une lente agonie. Si vous avez un capteur de puissance, visez sur 30 à 40 minutes une intensité proche de votre seuil fonctionnel, en acceptant de rester 5 % en dessous pendant les cinq premières minutes. Sans capteur, le cardio et la respiration suffisent : dans le premier tiers, vous devez encore pouvoir prononcer quelques mots ; dans le dernier, plus du tout. Le vent change tout : face au vent, l'important est de rester bas et de ne pas surpayer chaque mètre ; vent dans le dos, c'est là qu'il faut en remettre, car chaque watt supplémentaire vaut plus de vitesse. Sur un tracé vallonné, appuyez un peu plus fort dans les montées courtes et récupérez très légèrement dans les descentes, où l'aérodynamique fait le travail. Nos repères de nutrition pendant l'effort s'appliquent à la marge : sur moins d'une heure, un bidon de boisson énergétique et un gel avant le départ suffisent, l'essentiel se joue dans les repas des deux jours précédents.

Reste la tête. Mas dit qu'il ne regardera pas les temps de ses rivaux, et c'est un conseil à prendre au pied de la lettre : le seul chrono qui compte est celui de vos repères de reconnaissance. Vous êtes en avance sur votre temps de passage ? Ne vous emballez pas, c'est souvent le vent qui vous a aidé. En retard ? Ne paniquez pas, le tronçon suivant vous rendra peut-être ce que celui-ci a pris. Beaucoup de coureurs amateurs découvrent le contre-la-montre lors des championnats départementaux ou des épreuves ouvertes de fin de saison : notre article sur le championnat national du contre-la-montre donne une idée du niveau, et nos conseils pour une première cyclosportive couvrent tout ce qui touche à la logistique du jour de course. Et si vous ne savez pas par quoi commencer : un chrono de club de 15 km, avec prolongateurs et casque profilé, une reconnaissance et un échauffement sérieux. C'est là qu'on apprend le plus vite.

Ce que Brennan et Van Aert apprennent sur le sprint à deux en course de club

Deux sprints, deux scénarios différents, une constante : Brennan n'a pas quitté la roue de Van Aert. À La Rábida, le Belge a lancé tôt sur une ligne droite large et Brennan a déboîté au moment où le train adverse arrivait ; à Séville, le train prévu ne s'est pas mis en place, Van Aert a « fait quelques efforts auparavant » et a simplement déposé son sprinteur dans la roue de Cort, lancé par Tiller, pour que Brennan sorte au dernier moment. « J'ai fait totalement confiance à Wout et je suis resté dans sa roue jusqu'au bout », dit Brennan. Cette confiance est la matière première d'un sprint à deux, et elle se travaille, y compris dans une course de club ou une cyclosportive où deux coéquipiers arrivent ensemble dans le groupe de tête.

Trois principes, tous visibles à Séville. Le premier : le rôle est décidé avant, pas dans le dernier kilomètre. Visma a tenu une réunion le matin sur le sprint de 2024 et a choisi Brennan comme finisseur ; entre amis de club, la règle est la même, celui qui a le meilleur sprint finit, l'autre place, et l'on ne change pas d'avis à 500 mètres. Le deuxième : le poisson-pilote ne lance pas forcément le sprint, il place. Quand un autre train prend les commandes, comme Uno-X mercredi, le meilleur service que l'on puisse rendre à son sprinteur est de le mettre dans la bonne roue, la troisième ou la quatrième du train adverse, et de s'effacer. Le troisième : le sprinteur attend. Brennan a laissé Cort lancer et n'est sorti que dans les 200 derniers mètres. Sur un sprint amateur, sortir trop tôt de la roue reste l'erreur la plus fréquente, car un sprint de 300 mètres dans le vent est perdu d'avance face à celui qui reste abrité jusqu'à 150 mètres. Ajoutez la règle de sécurité que tous les sprinteurs pros appliquent : on tient sa ligne, on ne se rabat jamais sur un adversaire lancé, et on ne dispute un sprint que si l'on sait rester sur son vélo à 60 km/h dans un peloton serré. Les photos de Brennan comptant ses victoires sur ses doigts font rêver ; la file indienne des équipiers qui l'y ont amené est ce qui s'apprend vraiment.

Questions fréquentes

Qui a gagné les 16e et 17e étapes de la Vuelta 2026 ?

Matthew Brennan (Visma-Lease a Bike) les deux fois : mardi 8 septembre à La Rábida devant Bryan Coquard et Vito Braet, puis mercredi 9 septembre à Séville devant Jordi Meeus et Magnus Cort. Ce sont ses quatrième et cinquième victoires sur cette Vuelta, son premier grand tour.

Quel est le classement général avant le contre-la-montre de Jerez ?

Enric Mas (Movistar) mène en 60h09'44'' avec 2'06'' d'avance sur Felix Gall, 2'10'' sur Primož Roglič, 4'24'' sur Richard Carapaz et 5'44'' sur Oscar Onley. Aucun écart n'a changé pendant les deux étapes de plaine.

À quelle heure a lieu le contre-la-montre de la 18e étape et où le suivre ?

Jeudi 10 septembre, premier départ à 14h06 à El Puerto de Santa María, Enric Mas dernier à s'élancer à 16h55, arrivée à Jerez de la Frontera vers 17h30. Wout van Aert part à 15h50. En France, la course est diffusée sur Eurosport et HBO Max.

Roglič peut-il reprendre le maillot rouge dans le chrono ?

Il lui faut reprendre 2'10'' sur 32,1 km, soit environ quatre secondes par kilomètre. Roglič a battu Mas lors de leurs 22 confrontations chronométrées, mais n'a plus gagné de contre-la-montre sur la Vuelta depuis plus de cinq ans et n'avait repris que 11 secondes à Mas sur le chrono inaugural de Monaco. Un écart de trente secondes à une minute en faveur du Slovène est le scénario le plus attendu, ce qui laisserait Mas en rouge avant les deux dernières étapes de montagne.

Combien de coureurs restent en course ?

149. Timo Roosen (Picnic PostNL), qui ne s'était pas remis d'une chute de la deuxième semaine, a abandonné mardi lors de la 16e étape. Aucun abandon mercredi.

Faut-il un vélo de contre-la-montre pour un chrono amateur ?

Non. Dans l'ordre des gains, le casque profilé, une tenue ajustée, des prolongateurs bien réglés sur un vélo de route et une position tenue sans se redresser apportent l'essentiel. Le vélo dédié et les roues hautes viennent ensuite, et seulement si la position est déjà stable.

Comment gérer son effort sur un contre-la-montre de 30 km ?

Partir légèrement en dessous de l'allure cible pendant les 60 à 90 premières secondes, s'installer ensuite à un rythme proche du seuil que l'on peut tenir 40 minutes, viser une seconde moitié aussi rapide que la première, appuyer un peu plus dans les portions de vent favorable et les bosses courtes, et tout donner dans les 500 derniers mètres. Un échauffement de 20 à 30 minutes avec trois accélérations de 2 minutes est indispensable.