Tadej Pogacar a remporté ce mardi 14 juillet la 10e étape du Tour de France 2026, entre Aurillac et Le Lioran (166,6 km), au terme d'une attaque tranchante dans le col de Pertus à un peu plus de 15 km de l'arrivée. Le maillot jaune signe sa troisième victoire dans ce Tour, la 24e de sa carrière sur la Grande Boucle, et creuse encore les écarts : Remco Evenepoel prend la 2e place à 32 secondes, le Français Paul Seixas, 19 ans, décroche un superbe podium à 34 secondes. Jonas Vingegaard, 7e à 44 secondes, pointe désormais à 3 min 36 s au classement général.

  • Vainqueur : Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG), en solitaire au Lioran, après une attaque dans le col de Pertus (4,4 km à 8,5 %).
  • Podium du jour : Evenepoel 2e à 32", Seixas 3e à 34" (Lipowitz même temps).
  • Général : Pogacar devance Vingegaard de 3'36", Evenepoel de 4'06", Ayuso de 4'22" et Seixas, nouveau 5e, de 4'35".
  • Perdant du jour : Isaac del Toro, 3e au départ, a craqué dans le final (+1'31") et sort du top 5.
  • 14 juillet : toujours pas de victoire française depuis Warren Barguil en 2017, mais un podium tricolore avec Seixas.

Le film de l'étape : une bagarre permanente dans le Cantal

Au lendemain du jour de repos, cette étape de moyenne montagne dans le Massif central (sept ascensions répertoriées, environ 3 800 m de dénivelé positif) a été courue à un rythme infernal dès le départ d'Aurillac, donné à 13h00 pour composer avec la chaleur. Ils n'étaient que 175 au départ : Matteo Trentin, fiévreux, a déclaré forfait au matin.

Lidl-Trek a d'abord verrouillé la course pour Mads Pedersen, vainqueur du sprint intermédiaire de Lacapelle-del-Fraisse (km 25,5) devant Max Kanter et Biniam Girmay — 25 points de plus pour le maillot vert, pendant que Tim Merlier, déjà distancé, ne marquait rien. Une échappée fleuve d'une trentaine de coureurs a fini par se dessiner, avec notamment Mathieu van der Poel, Kévin Vauquelin, Valentin Paret-Peintre, Alex Baudin, Ben Healy, Romain Grégoire et Javier Romo. Mais avec Jordan Jegat et Ramses Debruyne bien placés au général dans le groupe, UAE n'a jamais lâché plus d'une minute de corde.

Romo (Movistar) s'est ensuite lancé dans un long raid solitaire, passant en tête au col de la Griffoul, au col de Prat de Bouc puis à la côte de Murat, avant d'être repris au pied du Puy Mary. Valentin Paret-Peintre avait, lui, ouvert la moisson de points de montagne dès la côte de Pailherols.

Carapaz allume le Puy Mary, chutes dans la descente

La course des favoris s'est déclenchée dans le Puy Mary – Pas de Peyrol (1re catégorie, 7,8 km à 6 %). Richard Carapaz a attaqué à 7 km du sommet, au moment où Romo était repris, et a basculé en tête avec une trentaine de secondes d'avance — de quoi relancer sa quête du maillot à pois et décrocher, en fin de journée, le prix de la combativité.

La descente technique du Puy Mary a fait des dégâts : Tom Pidcock, Matteo Jorgenson et Chris Harper ont chuté. Pidcock et Jorgenson sont repartis, Harper semblait le plus touché. Devant, Carapaz a porté son avance à près d'une minute au pied du col de Pertus.

L'attaque décisive au col de Pertus, comme une revanche de 2024

Tout le monde attendait Pogacar dans le Pertus (4,4 km à 8,5 %), là même où Jonas Vingegaard l'avait recollé puis battu au sprint au Lioran en 2024. Cette fois, le Slovène a attendu le dernier kilomètre d'ascension pour placer une seule accélération. Personne n'a suivi. Il a repris et lâché Carapaz 200 mètres avant le sommet, puis a encore accru son avance dans le col de Font de Cère malgré les consignes de prudence de sa voiture dans les descentes.

Sous la flamme rouge avec près de 40 secondes d'avance, Pogacar s'est imposé en solitaire au Lioran. C'est sa troisième victoire d'étape un 14 juillet, après le col du Portet en 2021 et le Plateau de Beille en 2024 : aucun autre coureur de l'histoire n'a gagné trois fois sur la Grande Boucle le jour de la fête nationale française. Derrière, Evenepoel, pourtant distancé dans Font de Cère, a bien limité pour reprendre la 2e place à 32 secondes.

Résumé long officiel de la 10e étape Aurillac – Le Lioran, publié par la chaîne Tour de France™ (ASO).

Seixas 3e : pas de victoire française, mais un 14 juillet qui compte

La France attendait une victoire un 14 juillet depuis Warren Barguil en 2017. Elle attendra encore. Mais Paul Seixas, 19 ans, a offert au public le plus beau lot de consolation possible : troisième de l'étape après avoir résisté à toutes les sélections — l'accélération de son équipier Nicolas Prodhomme dans le Puy Mary, la cassure du Pertus, le final nerveux — le grimpeur de Decathlon CMA CGM grimpe au 5e rang du classement général, à 4'35".

Sur un terrain piégeux, jalonné de descentes rapides et d'enchaînements de bosses, le jeune Français a montré qu'il savait courir autrement qu'en montagne longue. À l'inverse, Isaac del Toro, 3e du général au départ d'Aurillac, a payé ses efforts au service de Pogacar et a lâché 1'31", quittant le top 5.

Le classement général après la 10e étape

  1. Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG) — maillot jaune
  2. Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike) à 3'36"
  3. Remco Evenepoel à 4'06"
  4. Juan Ayuso à 4'22"
  5. Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) à 4'35"

Vingegaard, parti le matin avec 2'42" de retard, a concédé 44 secondes sur la route plus les 10 secondes de bonification du vainqueur. Mads Pedersen conserve le maillot vert, Carapaz marque de gros points pour les pois.

Ce que les cyclistes amateurs peuvent retenir du Lioran

Cette étape est un cas d'école pour quiconque roule en moyenne montagne. Première leçon : sur un enchaînement de bosses courtes et raides, c'est la gestion, pas la puissance brute, qui fait la différence. Evenepoel, lâché dans l'avant-dernière difficulté, a retrouvé la 2e place en roulant à son tempo plutôt qu'en s'arrachant pour suivre — l'équivalent, pour un amateur, de respecter ses zones plutôt que de répondre à chaque relance en cyclosportive.

Deuxième leçon : la descente n'est jamais un secteur « gratuit ». Trois professionnels sont tombés dans la descente du Puy Mary, et même Pogacar, en tête de course, a reçu pour consigne de ne prendre aucun risque. Freiner avant le virage, regarder loin, accepter de perdre quelques secondes : c'est aussi valable un dimanche matin sur routes de moyenne montagne. Troisième leçon : le vainqueur n'a attaqué qu'une seule fois, au pourcentage le plus fort, après avoir laissé son équipe user la course. Économie d'efforts d'abord, attaque ensuite — dans cet ordre.

Étape 11 ce mercredi : Vichy → Nevers, place aux sprinteurs

Ce mercredi 15 juillet, la 11e étape relie Vichy à Nevers sur 161,3 km, avec seulement 1 400 m de dénivelé positif. Deux difficultés répertoriées seulement — la côte de la Billionnière (1 km à 4,9 %) et la côte de Billy-Chavannes (1,5 km à 4,4 %) — avant une arrivée massive attendue en fin d'après-midi. Tim Merlier, double vainqueur à Bordeaux et Bergerac, Olav Kooij, vainqueur à Pau, et Biniam Girmay seront les hommes à suivre, avec en toile de fond la lutte pour le maillot vert de Pedersen.

Sur les routes du Tour dans l'Allier, département traversé par cette 11e étape : l'espace naturel de la Bletterie à La Pierre-Châtel, raconté par la chaîne officielle Tour de France™ (ASO).

FAQ — Étape 10 du Tour de France 2026

Qui a remporté la 10e étape du Tour de France 2026 ?

Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG) s'est imposé en solitaire au Lioran le 14 juillet, après une attaque dans le col de Pertus. C'est sa 3e victoire dans ce Tour 2026 et la 24e de sa carrière sur l'épreuve.

Pourquoi parle-t-on de revanche au Lioran ?

En 2024, sur un final identique, Jonas Vingegaard avait recollé sur Pogacar dans le col de Pertus avant de le battre au sprint au Lioran. Cette fois, le Slovène a attaqué plus tard, plus fort, et personne n'a pu suivre.

Un Français a-t-il enfin gagné un 14 juillet ?

Non. La dernière victoire française un 14 juillet reste celle de Warren Barguil en 2017 à Foix. Paul Seixas, 3e de l'étape à 19 ans, offre toutefois un podium tricolore et entre dans le top 5 du général.

Quel est le classement général après l'étape 10 ?

Pogacar mène devant Vingegaard (à 3'36"), Evenepoel (à 4'06"), Ayuso (à 4'22") et Seixas (à 4'35"). Isaac del Toro, distancé de 1'31" sur l'étape, sort du top 5.

Quel est le programme de la 11e étape ?

Mercredi 15 juillet, Vichy → Nevers, 161,3 km presque plats (1 400 m de D+). Une arrivée au sprint est attendue, avec Merlier, Kooij et Girmay en favoris.

Pour suivre la 11e étape en direct, rendez-vous sur france.tv (diffusion gratuite) ou Eurosport. Parcours détaillé, horaires et classements complets sur letour.fr.