Stefan Küng (Tudor) a remporté la 18e étape de la Vuelta 2026, jeudi 10 septembre, le contre-la-montre de 32,1 kilomètres entre El Puerto de Santa María et Jerez de la Frontera, en 35'22'' à 54,4 km/h de moyenne, trois secondes devant Callum Thornley (Red Bull-Bora-Hansgrohe) et neuf devant João Almeida (UAE Team Emirates-XRG). Derrière, le duel attendu a bien eu lieu mais n'a pas renversé la course : Primož Roglič, 4e à 19'', a repris 33 secondes à Enric Mas, 12e à 52'', qui conserve le maillot rouge avec 1'37'' d'avance sur le Slovène, désormais deuxième du classement général devant Felix Gall, relégué à 3'01''. Alexis Renard (Cofidis) n'a pas pris le départ : ils sont 148 en course. Ce vendredi 11 septembre, la plus longue étape de cette Vuelta, 210,8 km entre Vélez-Málaga et Peñas Blancas, avec une montée finale de 18,7 km à 6,5 %, ouvre les deux derniers jours de montagne. Récit du chrono, écarts pointage par pointage, nouveau classement général, horaires et cols de l'étape 19, et deux angles pratiques : ce que 54,4 km/h de moyenne veulent dire en watts pour un amateur, et comment enchaîner un effort maximal avec une longue sortie le lendemain.

  • Étape 18 (jeudi 10 septembre), contre-la-montre El Puerto de Santa María → Jerez de la Frontera, 32,1 km : Stefan Küng (Tudor) 35'22'', Callum Thornley (Red Bull-Bora-Hansgrohe) +3'', João Almeida (UAE) +9'', Primož Roglič +19'', Wout van Aert +20'', Finn Fisher-Black +21'', Bruno Armirail +26'', Ivo Oliveira +30'', Ethan Hayter +32'', Xabier Azparren +33''. Enric Mas 12e à 52''.
  • Le duel : Roglič reprend 33'' à Mas, une vingtaine de secondes au premier pointage (km 11,7), 36 à 39 au second (km 22,1) selon les sources, puis Mas revient un peu dans les dix derniers kilomètres. Gall perd 1'28'' sur Roglič et 55'' sur Mas.
  • Nouveau général : Mas 60h45'58'', Roglič +1'37'', Gall +3'01'', Carapaz +5'17'', Onley +6'03'', Omrzel +7'00'', Berthet +7'47'', Skjelmose et Rodríguez +7'51'', Tejada +9'57''. Kuss sort du top 10.
  • Maillots : le vert est mathématiquement acquis à Visma-Lease a Bike (Van Aert 5e du chrono, Brennan seul rival) ; Onley porte son avance au blanc à 56'' sur Omrzel ; Buitrago garde les pois.
  • Vendredi 11 septembre, étape 19 : Vélez-Málaga → Peñas Blancas (Estepona), 210,8 km, départ réel 12h06, arrivée prévue entre 17h14 et 17h47. Puerto de las Abejas (14,5 km à 4,3 %, km 91), Puerto del Viento (13,1 km à 3,7 %, km 111,3), puis Peñas Blancas (18,7 km à 6,5 %, 1 216 m de dénivelé).
  • En bref : Alexis Renard non partant ; le Grand Prix cycliste de Québec ce vendredi avec Evenepoel, Pidcock, Seixas, Alaphilippe et Matthews ; Küng gagne sept mois après sa blessure de février ; Almeida relancé vers l'Euro du chrono.
  • Côté pratique : lire un résultat de contre-la-montre en vitesse, watts et CdA, avec un tableau d'ordres de grandeur pour l'amateur ; et enchaîner un effort maximal puis une longue sortie le lendemain, comme le peloton entre Jerez et Peñas Blancas.
Le Résumé Long - Étape 18 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Jerez : Küng le plus rapide aux deux pointages, Thornley à trois secondes, Almeida retrouvé

Le contre-la-montre de Jerez était tracé pour les purs rouleurs : 32,1 km, 169 mètres de dénivelé, deux points intermédiaires aux kilomètres 11,7 et 22,1, une sortie d'El Puerto de Santa María en ronds-points, une longue section ouverte sur la A-2002 puis cinq virages dans l'entrée de Jerez. Le premier coureur, Mathias Norsgaard, dernier du général, s'est élancé à 14h06 depuis les arènes ; Enric Mas, maillot rouge, à 16h55. Entre les deux, la course s'est jouée en trois temps, résume PezCycling News : les jeunes Britanniques, les spécialistes, puis les favoris du général.

Ethan Hayter (Soudal Quick-Step), parti parmi les premiers, a posé la référence en 35'54''. Callum Thornley, son compatriote de 23 ans, 4e du chrono inaugural de Monaco, l'a effacée de 29 secondes : 35'25'', 54,4 km/h de moyenne, après avoir rattrapé Steffen De Schuyteneer parti deux minutes avant lui, note CyclingUpToDate. Ivo Oliveira (UAE) a échoué à 27 secondes de l'Écossais. Puis João Almeida, méconnaissable depuis le début de saison, a été le plus rapide au premier pointage et n'a cédé que six secondes à Thornley sur la ligne, à 35'31''. Stefan Küng est arrivé ensuite : le plus rapide aux deux points intermédiaires, un « moment un peu délicat » après la deuxième côte et « quelques virages mal négociés », puis un retour au rythme qui a fait la différence, 35'22'', trois secondes de mieux que Thornley, deux secondes et 27 centièmes précisément. « Sur un contre-la-montre aussi rapide, la moindre erreur coûte cher. Et quand l'allure est si élevée, il est aussi difficile de creuser l'écart », a expliqué le Suisse sur le site officiel.

Wout van Aert, dernière menace pour Küng, a « commencé fort » comme il l'avait prévu, pointait à huit secondes au deuxième intermédiaire et a fini 5e à 20'' : « J'ai un peu craqué dans la dernière partie. Aux sensations, je sentais déjà que je ralentissais trop pour pouvoir l'emporter. Mais c'était sympa d'essayer », a-t-il dit sur lavuelta.es. Finn Fisher-Black (6e à 21'') et Bruno Armirail (7e à 26'') complètent un top 7 où Red Bull place trois coureurs. Pour Küng, c'est une deuxième victoire sur un grand tour après Madrid en 2024, et la deuxième de Tudor sur cette Vuelta cinq jours après Marco Brenner à la Pandera, avec qui il partage sa chambre : « C'est donc un excellent bilan pour notre chambre ! » Il a aussi eu un mot pour « toutes les personnes qui m'ont remis sur pied après ma blessure en février » et pour la cellule d'innovation de l'équipe qui prépare le matériel de chrono.

RangCoureurÉquipeTemps / écart
1Stefan KüngTudor35'22''
2Callum ThornleyRed Bull-Bora-Hansgrohe+3''
3João AlmeidaUAE Team Emirates-XRG+9''
4Primož RogličRed Bull-Bora-Hansgrohe+19''
5Wout van AertVisma-Lease a Bike+20''
6Finn Fisher-BlackRed Bull-Bora-Hansgrohe+21''
7Bruno ArmirailVisma-Lease a Bike+26''
8Ivo OliveiraUAE Team Emirates-XRG+30''
9Ethan HayterSoudal Quick-Step+32''
10Xabier AzparrenPinarello-Q36.5+33''

Classement officiel de la 18e étape (lavuelta.es), 148 classés. Pas de bonification sur le contre-la-montre. Autres favoris : Steinhauser 11e à 48'', Mas 12e à 52'', Chamberlain 13e à 54'', Castrillo 14e à 55'', Tejada 16e à 1'01'', Onley 17e à 1'11'', Berthet 20e à 1'20'', Omrzel 21e à 1'38'', Rodríguez 22e à 1'42'', Carapaz 24e à 1'45'', Gall 26e à 1'47'', Skjelmose 28e à 1'54''.

Mas-Roglič : 33 secondes, pointage par pointage, et pourquoi c'est le leader qui a gagné la journée

Sur le papier, Roglič partait avec 22 duels chronométrés gagnés sur 22 contre Mas, rappelait Cyclingnews la veille, et une hypothèse de travail, celle de ProCyclingUK, fixait autour de 90 secondes le gain qui aurait vraiment rebattu le week-end. Parti six minutes avant le maillot rouge, le Slovène a fait ce qu'il fallait pour y croire pendant vingt kilomètres : une vingtaine de secondes d'avance au premier pointage (21 selon PezCycling, 22 selon CyclingUpToDate, 19 dans la bouche de Mas lui-même), puis 36 à 39 secondes au second, au kilomètre 22,1. À ce rythme, l'écart final approchait la minute.

C'est dans les dix derniers kilomètres que Mas a retourné la journée. « Au premier pointage, c'était 19 secondes, puis 26, ensuite 39, avant de repasser à 34. Donc oui, je suis content », a-t-il détaillé sur lavuelta.es, décrivant un dernier tiers où il a repris du terrain à un Roglič qui, lui, avait tout donné d'entrée. Résultat officiel : Roglič 35'41'', Mas 36'14'', 33 secondes, 1'37'' au général. « Je me sens bien, pour être honnête. C'était le temps que nous avions prévu de perdre », a résumé le Majorquin, avant de refuser toute euphorie : « Non, ce n'est pas énorme. Il reste deux journées très importantes, ainsi que la dernière étape à Grenade ; nous devons donc rester très concentrés. » Et un clin d'œil à l'histoire : la dernière fois que la Vuelta était passée par Jerez, pour son grand départ de 2014, Alberto Contador l'avait emporté, dernier vainqueur espagnol à ce jour. « J'étais enfant à l'époque, c'était mon idole car, à 13 ou 14 ans, il gagnait tout. Alors oui, cela veut dire beaucoup pour moi. »

Le paradoxe du jour est bien résumé par PezCycling : « Küng a gagné l'étape, Roglič a gagné 33 secondes, mais Mas est peut-être le plus grand gagnant de la journée. » Roglič a signé un très bon chrono, 4e à 19'' du meilleur spécialiste du peloton, et a repris la deuxième place à Felix Gall, qui a concédé 1'28'' au Slovène et 55'' à Mas. Mais il n'a plus de chrono devant lui, et depuis l'abandon de Pogačar, sur l'Aitana, à Calar Alto comme à la Pandera, c'est Mas qui a été le plus fort en montagne. « Roglič n'a plus aucune raison d'attendre : il doit attaquer, isoler Mas et le forcer à répondre sous pression », écrit PezCycling. Chez les jeunes, Oscar Onley, 17e à 1'11'', a repris 26 secondes à Jakob Omrzel et compte désormais 56 secondes d'avance au maillot blanc : « Mon corps a réagi comme je le voulais. J'ai senti que je pouvais puiser au fond de moi », a-t-il dit sur le site de la course, tout en pointant la difficulté d'un tracé « très rapide », « délicat à gérer en termes de rythme, car il n'y avait pas de portion évidente pour récupérer ».

Mas limits the damage at the finish - Stage 18 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Le nouveau classement général : Roglič dauphin, Gall à 3'01'', Kuss sort du top 10

Le classement général a été recalculé à partir des temps officiels de l'étape et du classement de la veille : Mas totalise 60h45'58'' après 18 étapes (60h09'44'' à Séville plus 36'14'' à Jerez). Derrière le trio de tête, Richard Carapaz reste 4e à 5'17'' malgré un chrono moyen (24e à 1'45''), Onley 5e à 6'03'' devance Omrzel de 57 secondes, Clément Berthet (20e du chrono à 1'20'') gagne deux places et se retrouve 7e à 7'47'', devant Mattias Skjelmose et Cristián Rodríguez à égalité à 7'51''. Harold Tejada (XDS Astana), 16e du chrono, entre dans le top 10 à 9'57'' au détriment de Sepp Kuss, 38e à 2'31'' et désormais 11e à 10'34''. Wout van Aert l'a confirmé le soir : Visma reporte ses ambitions sur Kuss et Jørgen Nordhagen, « qui pourraient avoir une chance de gagner une étape dans les jours à venir », pendant que lui « garde dimanche en ligne de mire ».

RangCoureurÉquipeTemps / écartÉvolution
1Enric MasMovistar60h45'58''=
2Primož RogličRed Bull-Bora-Hansgrohe+1'37''+1 (2'10'' hier)
3Felix GallDecathlon CMA CGM+3'01''−1 (2'06'' hier)
4Richard CarapazEF Education-EasyPost+5'17''=
5Oscar OnleyNetcompany Ineos+6'03''=
6Jakob OmrzelBahrain Victorious+7'00''=
7Clément BerthetGroupama-FDJ United+7'47''+2
8Mattias SkjelmoseLidl-Trek+7'51''−1
9Cristián RodríguezXDS Astana+7'51''−1
10Harold TejadaXDS Astana+9'57''+1

Classement général après la 18e étape, jeudi 10 septembre 2026, calculé à partir des classements officiels (CG de la 17e étape + temps du contre-la-montre, sans bonification). Skjelmose et Rodríguez sont à égalité à la seconde ; l'ordre entre eux dépend des centièmes du chrono. Sepp Kuss 11e à 10'34''. Maillots : Mas (rouge), Van Aert (vert), Buitrago (pois), Onley (blanc).

Last Km - Stage 18 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Étape 19, Vélez-Málaga → Peñas Blancas : 210,8 km, trois cols et une arrivée à 1 268 m, horaires et scénarios

La plus longue étape de cette Vuelta arrive moins de vingt-quatre heures après l'effort maximal du chrono. Départ fictif de Vélez-Málaga à 11h50, kilomètre zéro à 12h06 sur la N-340a, arrivée prévue entre 17h14 (à 41 km/h) et 17h47 (à 37 km/h), selon le livre de route officiel. Les 70 premiers kilomètres longent la Méditerranée vers l'ouest, par Rincón de la Victoria et Málaga, avant de tourner vers l'intérieur à Coín (km 61). La course change de nature à l'approche de la Serranía de Ronda : le Puerto de las Abejas (2e catégorie, 14,5 km à 4,3 %, 617 m de dénivelé) débute au kilomètre 76,4 et culmine au kilomètre 91 vers 14h22, enchaîné presque sans répit avec le Puerto del Viento (2e catégorie, 13,1 km à 3,7 %, sommet au km 111,3 vers 14h58). Passage à Ronda au kilomètre 122,6, puis le Puerto del Madroño, non répertorié mais au-dessus de 1 000 mètres, au kilomètre 147,9, et une longue descente vers San Pedro de Alcántara (km 169,5) et le littoral. Estepona est traversée au kilomètre 186,1 : il reste alors la montée finale, Peñas Blancas, 1re catégorie, 18,7 km à 6,5 %, 1 216 mètres de dénivelé jusqu'à 1 268 m d'altitude, avec ses rampes les plus dures dans les premiers kilomètres, jusqu'à 13 % selon les profils. En 2022, la dernière arrivée ici, Richard Carapaz s'était imposé devant Wilco Kelderman.

Le scénario le plus probable, écrit ProCyclingUK, est une longue bataille pour l'échappée sur le plat du bord de mer, parce que « presque tous les grimpeurs hors classement général voient l'occasion évidente », puis un milieu d'étape « coûteux » sur les deux cols de la Serranía, et une montée finale « assez longue pour révéler un jour sans ». Peñas Blancas n'est pas une pente à créer une minute sur une seule accélération : les pourcentages se stabilisent vite autour de 6 à 7 %, là où les meilleurs trouvent un rythme et où la roue reste utile. Si Red Bull veut faire mal à Mas, il faudra donc durcir tôt, avec Fisher-Black et Thornley en éclaireurs, et transformer la montée en effort au seuil prolongé. Movistar, de son côté, a montré à la Pandera qu'il savait placer García Pierna et Castrillo devant. Santiago Buitrago, maillot à pois, annonce la couleur pour les grimpeurs : « Il reste trois étapes compliquées, dont deux arrivées au sommet, et c'est à nous, les grimpeurs, de jouer. Le plan est d'attaquer, d'attaquer et de se battre jusqu'au bout », a-t-il dit sur lavuelta.es. Samedi, l'étape 20 vers le Collado del Alguacil (186,8 km, plus de 5 000 m de dénivelé, final de 8,3 km à 9,8 %) sera la dernière chance ; dimanche, Grenade est une étape de plaine. Pour situer le programme et les forces en présence avant Jerez, relisez notre article d'hier sur les étapes 16 et 17 et la présentation du chrono.

KmPoint de passage (étape 19)Horaire estimé (39 km/h)
0Kilomètre zéro, sortie de Vélez-Málaga (N-340a)12h06
61Coín, entrée dans l'intérieur des terres13h29
91Puerto de las Abejas (2e cat., 14,5 km à 4,3 %)14h22
111,3Puerto del Viento (2e cat., 13,1 km à 3,7 %)14h58
122,6Ronda15h11
147,9Puerto del Madroño (non répertorié)15h50
169,5San Pedro de Alcántara, retour sur la côte16h13
186,1Estepona, pied de Peñas Blancas16h33
210,8Arrivée Peñas Blancas (1re cat., 18,7 km à 6,5 %, 1 268 m)17h14 à 17h47 (17h30 à 39 km/h)

Source : itinéraire horaire du livre de route officiel (lavuelta.es/fr/etape-19). Horaires de la colonne 39 km/h de l'itinéraire officiel ; à 41 km/h, le pied de Peñas Blancas est atteint à 16h20 et l'arrivée à 17h14 ; à 37 km/h, 16h48 et 17h47. Diffusion en France sur Eurosport et HBO Max.

En bref : Renard non partant, le Grand Prix de Québec ce vendredi, Küng sept mois après sa fracture, Almeida vers l'Euro

Alexis Renard (Cofidis) n'a pas pris le départ du contre-la-montre jeudi à El Puerto de Santa María, rapporte Titres Presse ; le Français figurait parmi les dix derniers du classement général et l'équipe n'a pas détaillé les raisons de ce forfait. Le peloton passe de 149 à 148 coureurs. De l'autre côté de l'Atlantique, le Grand Prix cycliste de Québec se dispute ce vendredi 11 septembre sur 16 tours d'un circuit urbain de 12,6 km, soit 201,6 km et près de 3 000 mètres de dénivelé, avec Remco Evenepoel, Tom Pidcock, Paul Seixas, Julian Alaphilippe et Michael Matthews au départ, selon 3bikes ; le Grand Prix de Montréal suivra dimanche 13 septembre, répétition générale des Mondiaux organisés dans la même ville du 20 au 27 septembre. Côté Tudor, la victoire de Küng vient conclure une saison relancée après une blessure en février qui l'avait éloigné des routes jusqu'au printemps. Enfin, João Almeida, le plus rapide au premier pointage et 3e à Jerez, pourrait viser le contre-la-montre des Championnats d'Europe, suggère l'ancien professionnel Nuno Silva sur CyclingUpToDate : « Perdre seulement huit à neuf secondes sur Küng, spécialiste de la discipline, n'a rien de décevant. »

Lire un résultat de chrono : ce que 54,4 km/h de moyenne veulent dire en watts, en CdA et pour votre propre contre-la-montre

35'22'' pour 32,1 km, soit 54,4 km/h de moyenne sur une route quasiment plate : le chiffre impressionne, mais il ne dit rien tant qu'on ne le traduit pas. Un contre-la-montre est le seul exercice du cyclisme où l'on peut relier presque directement le temps, la puissance et l'aérodynamique, et c'est pour cela qu'il est si utile pour progresser, même en amateur. Trois grandeurs suffisent pour comprendre un résultat comme celui de Jerez : la vitesse moyenne, la puissance moyenne en watts, et le CdA, le produit du coefficient de traînée par la surface frontale, exprimé en mètres carrés, qui résume à lui seul la « pénétration dans l'air » du couple coureur-vélo.

Sur le plat, la puissance nécessaire est presque entièrement absorbée par l'air, et elle augmente avec le cube de la vitesse. Autrement dit, passer de 40 à 44 km/h ne demande pas 10 % de watts en plus, mais environ 33 %. À 54 km/h, un rouleur professionnel en position de chrono, avec un CdA de l'ordre de 0,20 m² sur un vélo dédié, une combinaison et un casque profilés, doit produire entre 450 et 480 watts pendant 35 minutes, le reste allant à la résistance au roulement et aux pertes de transmission. Un amateur entraîné sur vélo de route avec prolongateurs, dont le CdA se situe plutôt entre 0,26 et 0,30 m², produit 270 à 300 watts à 40 km/h, et 200 watts environ à 35 km/h. Ce sont des ordres de grandeur, calculés pour une route plate, sans vent, à 20 °C, avec un coureur de 75 à 80 kg et des pneus corrects, mais ils suffisent à comprendre la logique. Notre guide sur le capteur de puissance et les zones d'entraînement explique comment mesurer les vôtres.

Vitesse moyenne sur le platCdA typiquePuissance nécessaire (ordre de grandeur)Profil
54 km/h0,20 m² (vélo de chrono, combinaison, casque profilé)450 à 480 WRouleur professionnel (Küng, Roglič, Van Aert à Jerez)
50 km/h0,21 m²370 à 400 WCoureur du général sur le vélo de chrono (Mas a roulé à 53,1 km/h)
45 km/h0,25 m² (vélo de chrono ou prolongateurs bien réglés)320 à 350 WTrès bon amateur, élite régional
40 km/h0,28 m² (route + prolongateurs)260 à 290 WAmateur entraîné, chrono de club
35 km/h0,30 m² (route, mains sur les cocottes ou bas du cintre)190 à 210 WCyclosportif régulier
30 km/h0,33 m² (position relevée)130 à 150 WSortie soutenue en solo

Estimations pour une route plate, sans vent, à 20 °C, coureur de 75 à 80 kg, pneus route en bon état. Le vent, la température, le revêtement et l'altitude modifient sensiblement ces valeurs. À utiliser comme repères, pas comme références absolues.

Ce tableau livre trois enseignements pratiques. Le premier : à puissance égale, la position vaut des minutes. Un amateur qui passe d'un CdA de 0,30 à 0,26 m² en réglant ses prolongateurs, en baissant la tête et en fermant son maillot gagne environ 1,5 km/h à 35 km/h, soit près d'une minute et demie sur 30 km, sans un watt de plus. C'est ce que Küng appelle « l'équipe dédiée à l'innovation » : chez les pros, les gains se cherchent désormais là, plus que dans la puissance brute. Le deuxième : les pointages intermédiaires disent comment un chrono a été couru. Roglič a pris 20 secondes à Mas sur les 11,7 premiers kilomètres, une quinzaine de plus sur les 10 suivants, puis en a rendu quelques-unes sur les dix derniers. Traduit en puissance, cela signifie que le Slovène est parti au-dessus de sa capacité sur 35 minutes et a payé la fin, tandis que Mas a couru à une intensité quasi constante, comme le raconte sa propre description « 19, 26, 39, puis 34 ». Onley l'a formulé autrement : « Il n'y avait pas de portion évidente pour récupérer. » Sur un chrono plat, le meilleur pacing est presque toujours le plus régulier, et vos propres pointages, ou simplement les temps au tour de votre compteur, vous diront si vous êtes parti trop vite. Le troisième : la vitesse moyenne seule ne permet pas de comparer deux coureurs sur deux parcours différents, ni même deux jours différents sur le même parcours, à cause du vent. Comparez plutôt les watts, ou, sans capteur, les écarts avec des coureurs de référence qui ont roulé au même moment. Pour relier tout cela à votre niveau, notre article sur la FTP et la mesure de la puissance donne la méthode de test, et le guide d'hier pour préparer un contre-la-montre amateur couvre matériel, reconnaissance et échauffement.

Enchaîner un effort maximal et une longue sortie le lendemain : ce que le peloton fait entre Jerez et Peñas Blancas

« C'est un effort court et la récupération est assez rapide. Je ne pense pas que cela aura un réel impact sur les jours à venir », a dit Oscar Onley jeudi soir. Santiago Buitrago, lui, a reconnu que « nous sommes tous fatigués ». Les deux ont raison, et c'est précisément le problème de ce vendredi : un contre-la-montre de 35 minutes à intensité maximale ne vide pas les réserves de glycogène comme une étape de montagne, mais il laisse des traces neuromusculaires et un stress cardiaque que 210 kilomètres vont réveiller. Vous connaissez la même situation, à votre échelle : le chrono du samedi puis la cyclosportive du dimanche, une épreuve par étapes de club, un séjour vélo où l'on s'est « mis minable » dans un col la veille d'une longue journée, ou tout simplement une séance d'intervalles le samedi suivie de la sortie longue du dimanche. La fenêtre entre les deux dure 16 à 20 heures, et ce qu'on y fait pèse plus que la forme du moment.

La première heure après l'effort décide de la suite. Les pros descendent du vélo de chrono, roulent dix à quinze minutes sur le home-trainer pour faire redescendre la fréquence cardiaque et évacuer les métabolites, puis boivent une boisson de récupération avec des glucides et des protéines. Pour l'amateur, la traduction est simple : ne vous arrêtez pas net, tournez les jambes cinq à dix minutes, buvez 500 ml d'eau avec des électrolytes, et mangez dans la demi-heure un aliment qui associe glucides et protéines, un sandwich, un riz au lait, une boisson lactée, avant le repas complet. Ensuite, la journée doit être ennuyeuse : jambes en l'air, sieste courte si possible, pas de piscine ni de visite à pied de trois heures, un dîner riche en glucides mais digeste, et un coucher tôt. Le sommeil reste l'outil de récupération le plus efficace et le moins utilisé ; notre dossier sur la récupération par le sommeil, la nutrition et les étirements en détaille les leviers.

MomentCe que font les pros (Jerez → Peñas Blancas)Transposition amateur (chrono le samedi, longue sortie le dimanche)L'erreur classique
0 à 30 min après l'arrivéeRetour au calme sur home-trainer, boisson de récupération glucides + protéines, pesée.5 à 10 min de pédalage souple, 500 ml d'eau + électrolytes, collation glucides + protéines.S'arrêter net, discuter une heure debout au soleil, sauter la collation.
SoiréeMassage, repas riche en glucides, protéines, peu de fibres ; briefing de l'étape.Repas complet centré sur les féculents, une portion de protéines, légumes cuits ; préparer le matériel et le plan de la sortie.Repas trop léger « pour compenser », alcool, coucher tardif.
NuitPriorité au sommeil, chambre fraîche, pas d'écran.Viser 8 heures, se coucher 30 min plus tôt que d'habitude.Analyser son fichier de puissance jusqu'à minuit.
MatinPetit-déjeuner 3 h avant le départ, glucides en quantité, réveil musculaire.Petit-déjeuner copieux 2 h 30 à 3 h avant, mise en route de 15 à 20 min très souple.Partir « à jeun pour brûler les graisses » ou se réveiller trop tard.
Première heure de la sortie longueLe peloton laisse partir l'échappée sur le plat ; les favoris se cachent.Rester en dessous de l'allure prévue pendant 45 min, laisser passer les jambes « en bois » du départ.Tester ses jambes dans la première bosse et se cramer avant la mi-parcours.
Cœur de la sortieManger dès le début, 60 à 90 g de glucides par heure, cols au tempo.Manger toutes les 30 min dès le premier quart d'heure, boire un bidon par heure, accepter d'être moins bien que d'habitude.Attendre d'avoir faim pour manger.
FinalLa montée se joue au seuil, pas à l'attaque ; le lendemain compte aussi.Finir en progressif si les jambes sont là, sinon en gestion : un enchaînement réussi est un enchaînement terminé.Vouloir « rattraper » le chrono de la veille par un record dans la dernière bosse.

Repères pour cycliste adulte entraîné, hors chaleur extrême. En cas de fièvre, de douleur thoracique ou de fréquence cardiaque anormalement élevée au repos le matin, on ne repart pas. Les recommandations nutritionnelles sont des ordres de grandeur, à adapter à votre tolérance.

Le lendemain, deux règles gouvernent la longue sortie. D'abord, la gestion du début : le corps met 30 à 45 minutes à retrouver son fonctionnement après un effort maximal la veille, et beaucoup de coureurs se jugent « sans jambes » dans le premier quart d'heure alors qu'il ne s'agit que de la mise en route. Roulez en dessous de l'allure prévue, ne répondez pas aux premières accélérations du groupe, et réévaluez après une heure. C'est exactement ce que fera le peloton entre Vélez-Málaga et Coín, où les favoris se cacheront pendant que l'échappée se forme. Ensuite, la nutrition : sur une longue journée qui suit un effort maximal, les réserves de glycogène sont partiellement reconstituées, pas pleines, et le seul moyen de tenir la montée finale est de manger dès le premier quart d'heure, 60 à 90 grammes de glucides par heure, comme le détaillent nos repères de nutrition pendant l'effort. Enfin, si l'enchaînement fait partie d'un plan d'entraînement plutôt que d'une compétition, gardez en tête qu'il s'agit d'une séance de qualité déguisée en volume : la sortie longue du dimanche après une séance dure le samedi n'a pas besoin d'être rapide pour être utile, et une récupération active le lundi vaut mieux qu'un troisième jour de charge. Ceux qui préparent une épreuve à étapes, ou une première cyclosportive précédée d'une semaine de montagne, trouveront dans notre méthode pour progresser en montée comment répartir la charge sur plusieurs jours. Et regardez Peñas Blancas ce vendredi soir avec cet œil-là : celui qui gagnera n'est pas forcément le plus fort, c'est celui qui aura le mieux vécu les vingt heures précédentes.

Questions fréquentes

Qui a gagné la 18e étape de la Vuelta 2026 ?

Stefan Küng (Tudor), jeudi 10 septembre, sur le contre-la-montre de 32,1 km entre El Puerto de Santa María et Jerez de la Frontera, en 35'22'' (54,4 km/h), devant Callum Thornley (+3'') et João Almeida (+9''). C'est sa deuxième victoire sur un grand tour après Madrid 2024 et la deuxième de Tudor sur cette Vuelta.

Combien de temps Roglič a-t-il repris à Mas dans le chrono de Jerez ?

33 secondes : Roglič a terminé 4e en 35'41'', Mas 12e en 36'14''. L'écart au classement général passe de 2'10'' à 1'37'' en faveur de Mas, qui garde le maillot rouge. Roglič prend la deuxième place à Felix Gall, désormais 3e à 3'01''.

Quel est le classement général de la Vuelta 2026 après la 18e étape ?

Enric Mas (Movistar) 60h45'58'', Primož Roglič +1'37'', Felix Gall +3'01'', Richard Carapaz +5'17'', Oscar Onley +6'03'', Jakob Omrzel +7'00'', Clément Berthet +7'47'', Mattias Skjelmose et Cristián Rodríguez +7'51'', Harold Tejada +9'57''. Sepp Kuss sort du top 10 (11e à 10'34'').

À quelle heure a lieu l'étape 19 vers Peñas Blancas et où la suivre ?

Vendredi 11 septembre, départ réel de Vélez-Málaga à 12h06, arrivée à Peñas Blancas (Estepona) prévue entre 17h14 et 17h47 selon la vitesse moyenne. La montée finale de 18,7 km à 6,5 % commence à Estepona entre 16h20 et 16h48. En France, diffusion sur Eurosport et HBO Max.

Combien de coureurs restent en course ?

148. Alexis Renard (Cofidis) n'a pas pris le départ du contre-la-montre jeudi. Aucun autre abandon n'a été enregistré sur la 18e étape.

Mas peut-il encore perdre la Vuelta ?

Oui, mais il est en position de force : 1'37'' d'avance sur Roglič, deux arrivées au sommet (Peñas Blancas vendredi, Collado del Alguacil samedi) et une dernière étape plate à Grenade dimanche. Depuis l'abandon de Pogačar, Mas a été le meilleur grimpeur du peloton sur l'Aitana, à Calar Alto et à la Pandera. Roglič doit désormais attaquer de loin, sans chrono pour se rattraper.

Combien de watts faut-il pour rouler à 40 km/h en contre-la-montre ?

Sur le plat, sans vent, un amateur entraîné sur vélo de route avec prolongateurs (CdA d'environ 0,28 m²) a besoin de 260 à 290 watts. À 35 km/h, 190 à 210 watts suffisent ; à 54 km/h, les professionnels en position de chrono produisent 450 à 480 watts. La position aérodynamique compte autant que la puissance : baisser son CdA de 0,30 à 0,26 m² fait gagner environ 1,5 km/h à puissance égale.

Comment récupérer entre un chrono le samedi et une longue sortie le dimanche ?

Retour au calme de 5 à 10 minutes, hydratation avec électrolytes et collation glucides + protéines dans la demi-heure, repas du soir riche en féculents, coucher tôt, petit-déjeuner copieux 2 h 30 à 3 h avant le départ, première heure de sortie en dessous de l'allure prévue et alimentation dès le premier quart d'heure (60 à 90 g de glucides par heure).